août 10, 2011

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Les chrétiens francophones ont été choisis pour opérer une œuvre royale dans leur langue d’usage et leur culture unique. Cette communauté de foi doit «racheter» sa langue, pour la transformer en instrument d’adoration et d’intercession. Les chrétiens pourront mieux atteindre le cœur des nations francophones lorsqu’ils élèveront la noblesse de leur langue à des niveaux de sagesse et de beauté artistique inconnus parmi les non-croyants.

Une autre prophétie de l’Apocalypse apparaît pour nous inspirer : «L’ange avait un Évangile éternel pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue et à tout peuple. Il disait d’une voix forte : “Craignez Dieu et rendez-Lui gloire, car l’heure de son jugement est venue. Adorez celui qui a fait le ciel, la terre, la mer et les sources d’eau.» (Chap. 14, v. 6-7). Cet honneur dû à la langue et à la culture identitaire d’un peuple se révèle donc comme une caractéristique essentielle du plan de Dieu dans l’évangélisation. En effet, il n’en va pas que du respect élémentaire envers le peuple que l’on tente d’atteindre avec l’Évangile, mais également de l’application biblique du Projet entamé il y a 2000 ans dans la Jérusalem terrestre, et culminant un Jour dans la Jérusalem céleste. En définitive, dans le choix de la langue d’usage, au sein des églises ou mouvements chrétiens œuvrant en Francophonie, cette destinée décrite plus tôt doit présider à la préférence normative d’un français aussi riche et juste que possible.

Fragilités et clivages historiques au Québec
En mai 2011, un enseignant d’histoire déclarait ceci dans le journal Le Devoir :

«La question de la langue est un enjeu épineux au Québec, mais selon moi fondamental, car il représente littéralement la force centrifuge de notre culture québécoise. En effet, notre langue est catégoriquement le centre même à partir duquel se diffuse notre culture, notre patrimoine. Or elle agit en tant que “produit générateur” de notre encyclopédie culturelle nationale — en l’occurrence, la nation québécoise, faisant donc office de “staple”: nom donné, au début du XXe siècle, par des historiens canadiens (Innis, Mackintosh) reconnaissant le rôle majeur joué par une chronologie de ressources naturelles exploitées (morue, fourrure, bois d’œuvre, blé) en Amérique du Nord depuis le XVIe siècle, dans des coordonnées spatio-temporelles définies. (…) La langue est au développement de notre culture ce que la fourrure a été au développement de notre économie, sans laquelle nous n’aurions pu atteindre Online Blackjack un tel niveau de développement. Elle est donc essentielle, inhérente et nécessaire.(…)
Sans notre langue française, notre culture n’est malheureusement plus, car notre histoire nationale ainsi que notre art national sont francophones. Supprimer plus de 400 ans de français, c’est dissoudre le système racinaire de notre histoire, de nos origines, voire de notre philologie québécoise.
Certes, il ne faut pas non plus faire abstraction de la présence de l’anglais dans notre culture, mais il ne faut pas pour autant faire la promotion d’un “bulldozage” intensif de nos fondations nationales, donc culturelles. Délaisser l’importance de notre langue au profit d’une autre langue, c’est saigner notre culture jusqu’à l’hémorragie générale. Notre langue française est le squelette de notre corps national et de notre singularité culturelle. Alors, pourquoi vouloir fracturer notre propre ossature? …]» Jean-François Richer

Les francophones d’Amérique se sont toujours sentis menacés par la majorité anglophone. Particulièrement au Québec, leur langue est demeurée leur refuge, leur forteresse et leur fierté. Mais aujourd’hui encore, avec l’influence des médias et la diffusion puissante des productions anglophones (chansons, films, livres, émissions télé, etc.), la nouvelle génération se trouve d’autant plus fragilisée. D’où les appels forts, émotifs et répétés des leaders et intellectuels québécois francophones.

Malheureusement, dans le milieu des églises chrétiennes, la relation entre francophones et anglophones n’a pas un passé tranquille. En ce qui concerne le Projet de Dieu pour la Francophonie d’Amérique, plusieurs guerres d’églises ont laissé une déchirure profonde. N’en rappelons ici que deux épisodes documentés :

•    Il y a 400 ans, au début de la Nouvelle-France, les missionnaires catholiques ont décidé de ne pas permettre aux protestants français de créer leurs propres églises. Ces derniers étaient invités à devenir catholiques ou à repartir pour la colonie britannique. Beaucoup de ces colons sont alors allés grossir les rangs des Protestants anglophones.
•    Au début du 20e siècle, une nouvelle montée du nombre de chrétiens protestants francophones soulève une réaction percutante des catholiques francophones. L’accès à l’éducation leur est refusé ! Les protestants francophones durent donc intégrer les écoles anglophones et cette vague fut elle aussi assimilée aux églises anglaises.

Un clivage religieux et linguistique s’est donc installé, résumé dans l’énoncé suivant :
favoriser l’identité francophone = être de foi catholique 
versus
être de foi protestante = favoriser l’identité anglophone

Or, si dans le passé l’église catholique a contribué à cette équation, nous constatons qu’elle risque fort de perdurer, mais dû à une nouvelle situation.

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